40 heures de voitures plus tard

Publié le par flo-et-calou

Jeudi

Départ de Lima vers 10 h 30 après avoir récupéré la voiture de location.

Marco nous avait bien donné des explications mais nous avons dû nous tromper à un certain moment. Résultat, nous sommes partis vers le nord au lieu  de l'est !!

Seulement 30 km de détour mais 2 h de perdu .

Après être enfin sorti du chaos de la circulation de Lima, nous avons rapidement commencé à prendre de l'altitude vers les Andes sur une route en bon état mais avec de nombreux camions genre gros camions américains et de nombreux et luxueux cars touristiques Péruviens.

Ces paysages andins nous ont bien sur rappelé les Alpes en plus haut et donc plus impressionnants.

Nous avons passé le col du Ticlio , première fois pour nous à 4 758 mètres d'altitude. J'ai eu un peu mal à la tête et un moment de fatigue mais c'est passé rapidement.

Nous nous sommes arrêté faire le plein à la Oraya. Il ne faut pas attendre que le réservoir soit vide car les stations sont nombreuses dans les villes mais inexistantes entre deux bourgades. Comme il nous fallait mettre de l'essence et que sur la pompe il y a écrit gazoline, Calou, en bon spécialiste a vérifié que c'était le bon produit en mettant son nez sur le bout du pistolet. J'ai expliqué au pompiste, un peu surpris (mais oui, ici les pompistes,ça existe encore!) qu'il travaillait dans le pétrole en France.

Nous nous sommes arrêtés pour la nuit à Jauja et avons trouvé facilement un petit hôtel propre avec SDB et une couette bien moelleuse pour 35 soles (11 €). La température a baissé bien sur depuis Lima.

Ah, j'allais oublié, nous avons vu nos premiers lamas qui broutaient tranquillement sur le bord de la route. Ils ont une tête bien rigolote.

 

Vendredi

Nous pourrions intituler ce post « sur la route du salaire de la peur ». Les plus âgés connaissent le film, pour les plus jeunes, il est intéressant à voir.

Je rassure d'abord tout le monde, tout s'est bien terminé.

Nous quittons Jauja par une belle route direction Huancayo où nous avons un peu de mal à trouver la bonne route pour rejoindre Huancavelica. La signalisation routière est très aléatoire et notre carte routière couvre un large territoire, c'est donc difficile. On s'arrête régulièrement pour demander notre chemin. Nous remarquons que c'est la police qui est la plus fiable. Elle nous arrête d'ailleurs mais comme nos papiers sont en règle, le policier nous demande juste le but de notre séjour et notre direction..

A Hancavelica, nous nous arrêtons pour déjeuner et nous balader un peu dans cette charmante petite ville. Il y a une Place d'Armes comme ailleurs et j'en profite pour photographier des Péruviennes en costume traditionnel qui sont nombreuses ici.

Nous sommes à 3  680 m d'altitude et nous commençons à en ressentir légèrement les effets. Un peu mal à la tête et on s'essoufle un peu plus vite. Nous achetons des feuilles de coca à mastiquer pour atténuer ses désagréments. Ca n'a pas de goût particulier, ça laisse juste un peu d'amertume.

Nous demandons encore notre chemin dont le but est d'arriver vers Cuhzsco dimanche, prendre le train lundi et monter au Macchu Picchu mardi. Nos billets sont réservés et non échangeables.

Et j 'en viens au second titre de ce post.

Nous demandons la direction d'Ayacucho, notre prochaine étape où nos avons prévu de passer la nuit. Tout de suite, la route n'est plus goudronnée et monte. Elle n'est pas large et se croiser est difficile. Mais il ne semblait pas y en avoir une autre et nous poursuivons. Nous commençons à croiser de gros camions. Si nous les apercevons de loin, nous trouvons un endroit pour nous garer au mieux ou alors, il nous faut faire une marche arrière. A certains endroits, les camions ont tellement creusé le chemin (ça ne s'appelle plus une route) qu'un amas de terre s'est formé au milieu et il nous faut essayer de mettre une roue sur le tas du milieu et une sur le côté pour avancer. Nous nous embourbons quand même une fois et me voilà entrain de dégager la terre devant la voiture avec mes mains. Et bien, je vous dis que la terre a 4 000 m d'altitude est froide. Tout ça bien sur avec d'un coté la montagne et de l'autre le ravin et durant ….... 7 heures. Nous ne savons en réalité pas vraiment où nous sommes et la nuit est tombée. Nous arrivons tout d'un coup devant un site minier et une barrière barre ce qui est la suite de la route. On se dis qu'il est impossible de faire demi tour et me voilà partie voir le gardien qui sort de sa guérite. Je lui explique d'où nous venons et où nous allons. Il nous laisse passer et nous explique que plus loin (environ ½ h, il y a un village avec un hôtel. Nous y parvenons enfin mais ne voyons pas d'hôtel. C'est un petit village Andin, reculé du monde, avec des rues en terre et des maisons qui ressemble à des masures. Nous demandons où se trouve l'hôtel et finalement, après plusieurs explications qui ne nous mènent nulle part, nous trouvons une dame qui me propose que ces filles me conduisent. L'enseigne de l'hôtel n'était en fait pas éclairée et nous ne l'avions pas vu. Elles me conduisent ensuite au boui boui qui sert de restaurant aux ouvriers des mines alentours. Nous discutons en chemin. Elles s'appellent Maria et Catarina. Elles sont très mignonnes. Avant de les quitter, j'entre dans une petite échoppe leur acheter des bonbons.

L'hôtel est très rustique, la chambre sent le renfermé et les lits sont ce qu'ils sont mais nous avons nos sacs à viande en soie pour faire une couche de propre entre les draps et nous. Il y a des couvertures en laine heureusement très chaudes car il fait froid, la buée se forme sur mes lunettes posées sur un petit bureau. Les toilettes à l'extérieur n'ont pas de lumière. Nous dormons néanmoins.

Mis à part cette journée où la vigilance de la conduite a été difficile, nous avons traversé des paysages d'une incroyable beauté, vu beaucoup de lamas et vigognes et passé un col à 5 057 m d'altitude. Mais nous ne savons toujours pas où nous sommes !!

 

Samedi

 

Nous repartons vers 7 h 30, toujours par un chemin de terre , le seul de toutes façons. Nous nous arrêtons dans un village où un habitant nous vend 3 gallons d'essence de sa réserve personnelle car c'est notre hantise, de tomber en panne, nous n'avons pas croisé une station depuis Huancavelica.. Nous finissons par arriver à Lircay, et là, nous nous rendons compte où nous sommes, bien loin de notre route. Nous allons voir la police et l'un d'eux, nous demande de le suivre sur sa moto pour nous remettre sur le bon chemin, toujours en terre, pour rejoindre Ayacucho qui est seulement à …. 4 h de chemin cabossé. Nous finissons par y arriver. Pour ne pas perdre de temps, nous achetons en route de l'eau, des petits pains briochés et des bananes qui nous serviront de petit déjeuner, de déjeuner...... et de dîner mais nous ne le savons pas encore .

Quelques km avant Ayacucho nous avons soudain quitté notre chemin de terre pour une route asphaltée, celle par laquelle nous aurions dû arriver.

Après avoir encore demandé notre chemin, nous voilà sur une belle, large et lisse route à l'asphalte flambant neuf. On commence à se dire qu'on arrivera pas trop tard à destination, que nous nous offrirons un hôtel plus haut de gamme que d'habitude et une soirée dans une ville où plusieurs restos sont indiqués comme sympa. Mais......... après 50 km, il commence à y avoir des alternances de circulation, faites par des petites pancartes manœuvrées par la main de l'homme et non par des feux alternatifs. La si belle route n'est en fait pas finie.

Arrivés à un col, il est 16 h, tous les véhicules sont arrêtés sur le côté droit. Nous nous rangeons derrière et demandons à celui qui semble faire le service d'ordre ce qu'il se passe. En raison des travaux, la route est coupé jusqu'à 17 h 30. Nous prenons notre mal en patience en regardant un film sur l'ordi dont la batterie était chargée. Mais nous commençons à croire que nos projets de soirée seront sûrement perturbés.

Nous repartons à l'heure annoncée dans un chaos total où chacun essaie de doubler l'autre et quelquefois un troisième tente de doubler celui qui double en évitant ceux qui viennent en face bien sur. La route en est à la phase « gravillonée » et ça descend. La nuit commence à arriver quand de nouveau tout le monde s'arrête. Les hommes qui font la circulation avec leurs petites pancartes ne sont pas là et un camion et un bus veulent monter en même temps que nous tentons de descendre. Dans le sens de la descente, il y a un camion, une vieille voiture blanche, puis nous et bien d'autres derrière. Le camion recule et embouti la voiture blanche. Tout le monde descend pour donner sa version de ce qu'il convient de faire pour que le camion et le bus puissent passer à cet endroit où il n'y a de la place que pour un véhicule. Calou recule lui aussi ainsi que la voiture blanche mais je guide les manœuvres afin de laisser une distance entre chaque véhicule. Celui de derrière voudrait qu'on se colle plus près mais « niet », même avec mon espagnol qui est ce qu'il est, je ne me laisse pas faire. Je profite de faire des photos tant la situation est délirante que je me dis que le récit n'y suffira pas. Nous repartons enfin, il fait nuit noire et ceux de devant soulève la poussière de la route qui en est maintenant au stade du décapage du sol. Il est vrai que c'est un ouvrage titanesque car la montagne est creusée à de multiples endroits pour créer la route.

Nous finissons par se demander si nous n'allons pas passer la nuit dans la voiture quand nous voyons des ouvriers restés plus tard sur le chantier. Ils nous expliquent que nous sommes toujours sur la bonne route, de toute façons il n'y en a qu'une, et qu'il y a une petite ville avec quelques hôtels un peu plus loin.. Il est 20 h 30. Nous en trouvons un dans la rue principale avec un lit propre et une salle de bain qui l'est tout aussi. Même si nous n'avons pas mangé grand chose, nous n'avons pas très faim et préférons nous coucher car il nous faut poursuivre demain la route qui n'est encore qu'une alternance de gravillons et de terre, mais au moins, il fera jour. Nous calculons que nous avons roulé sur des chemins de terre une quinzaine d'heures depuis la veille. La voiture est pleine de terre et il nous faudra la rendre propre !!

Pour l'anecdote et puisque semble-t-il leurs activités ont cessées, c'est dans les montagnes autour d'Ayacucho qu'a été fondé le « sentier lumineux » dans les années 80/90 !!

 

Dimanche

 

Nous repartons ce matin à 7 h ne sachant plus que croire concernant les routes. Après une heure de route chaotique, nous rejoignons la route asphaltée. Nous sommes dans la bonne direction, la voiture ne secoue plus c'est super..... Mais après 50 km, tout d'un coup et sans être prévenu, c'est de nouveau le stade de construction de la route à la phase gravillonage. Mais il a dû être fait depuis longtemps et il y a de nombreux trous. A 11 h 30, nouvel arrêt. En raison des travaux la route est coupée jusqu'à midi. Nous nous changeons et partons nous balader dans le coin pour prendre le soleil. Nous sommes à une haute altitude mais étant prêt de l'Equateur, la température est estivale. Finalement, on ne sais pas pourquoi mais après 10 mn, nous avons l'autorisation de repartir.

Nous nous arrêtons à Abancai pour déjeuner d'un excellent Ceviche (du poisson cru mariné dns du citron vert).

Nous repartons pour la dernière étape sur une belle route mais belle route au Pérou veut quand même dire que l'on est susceptible d'y trouver au milieu des vaches (non, non, vous n'avez pas cliqué par erreur sur une page du blog indien!!), des cochons, des jeunes enfants, des pans de montagne qui sont tombés. Sans oublier les véhicules qui mettent tout d'un coup leur warning et s'arrêtent sans se garer pour ramasser ou faire descendre des gens.

Nous sommes donc ce soir arrivés à Olyantantambo. Nous avons trouvé un bel hôtel confortable. Il y a un très joli patio fleuri. Il y a un parking où nous pouvons laisser la voiture pour 3 nuits (On ne peut aller plus loin qu'en train). Nous avons donc pu nous relaxé en faisant un tour dans le village. Demain midi, nous prendrons le train pour Aguas Calientes (littérallement « Eaux Chaudes » car il y a des sources) où nous dormirons demain soir. Et mardi matin, lever à 4 h 30 pour aller au Macchu Picchu.

Après tout ce bla bla « aventuresque » de 40 heures de voiture dont une moitié sur des chemins de terre vous devez être un peu frustré de ne pas voir de photos. Nous en avons déjà 800 et je n'ai pas le courage de trier ce soir. Je vous ferai un résumé photos dès que j'aurai un moment.

Publié dans Pérou

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sarah 26/03/2013 06:59

c'est la feuille de coca alors, vous êtes plus zen !!!

sarah 25/03/2013 17:06

Moi j'en connais un qui a du râler !!!

flo-et-calou 26/03/2013 02:53



Papa n'a pas râlé mais il a quand même été stressé car la conduite a été éprouvante.


 



Isabelle 25/03/2013 12:58

J'espère pour vous que la voiture est un 4x4 ou sinon très confortable et très sûre. Vous allez trouvé les routes de marais bien tranquilles à votre retour !!Bises à vous deux

flo-et-calou 25/03/2013 14:29



Non, Calou dis que ce n'est pas un 4 X 4 mais qu'on en a fait un avec quand même. C'est une Hunday qui n'a aucune reprise mais à 10 km/h ça va !!!